gravure… la
manière noire | l'eau-
forte | l'aquatinte | la
pointe sèche
| «
La gravure est pensée et travail de l’envers,
face à face avec le miroir
et retournement des formes, ajournées jusqu’à
l’impression. » |
| Serge
Meurant |
L’histoire
Appelée
aussi mezzotinte ou mezzo-tinto (de l’italien
« demi-teinte »).
Elle fut inventée en
1642 par le lieutenant von Siegen, installé
à Amsterdam.
C’est le
Prince Rupert du Rhin qui introduisit en
1660 ce procédé en Angleterre
où il connut un vif engouement. On l’utilisa,
à cette époque, essentiellement pour traduire
les effets de la peinture à l’huile, dans
la reproduction de portraits (Reynolds et ses interprètes).
Son succès s’étendit rapidement
à la production d’estampes d’après
les tableaux des maîtres italiens et hollandais.
C’est au début du XVIIIe siècle,
en France, que le procédé de la manière
noire fut utilisé par
Jacob Christoph Le Blon
dans l’invention de la trichromie
vers 1710.
La technique
La manière noire
est un procédé
de gravure en creux sur métal.
Le graveur va d’abord réaliser dans le
cuivre un grain régulier au moyen d’un
outil, le
berceau. Il s’agit d’une grosse
lame arrondie, taillée en biseau dont le dos
présente de fines rainures et le tranchant des
dents. Le berceau est balancé sur l’arrondi
de la lame, de gauche à droite, en reculant progressivement.
On promène ainsi le berceau sur la plaque en
utilisant les verticales, horizontales, diagonales.
La plaque se couvre ainsi d’un fin réseau
de lignes composées de points en creux, avec
des petites barbes en pointe. On obtient ainsi un grain
extrêmement serré, régulier et très
fin propre à retenir l’encre de sorte que
si l’on imprime à ce moment, on obtient
un noir parfait.
Dans un deuxième temps, on polit et écrase
le grain du métal de façon à réduire
les creux, afin que - l’encre n’étant
plus retenue à ces endroits ou l’étant
moins - l’on puisse obtenir des blancs et des
gris.
Le polissage permet d’obtenir une
riche gamme de demi-tons partant
du noir velouté et profond (plaque bercée)
vers les nuances du gris au blanc (cuivre repoli et
parfaitement lisse) ce qui donne cette impression particulière
du dessin où les formes paraissent sortir de
l’ombre.
Certains graveurs peuvent ensuite graver à l’eau-forte
les traits nécessaires directement sur le fond
légèrement grainé.
C'est le cas de R.
Earlom (Londres 1743-1822).
Parmi les graveurs
contemporains, la manière noire fait l'objet
d'un regain d'intérêt et d'une création
très personnelle. Citons l'oeuvre de Mario
Avati, né en 1921.
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